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26 mars 2006

Lunar Park (Bret Easton Ellis)

Salué unanimement par la critique française à sa sortie (sur la jacquette : "Un roman déjanté et génial." François Busnuel, Lire - "Un roman extraordinaire, peut-être la première autofiction mondiale au vrai sens du terme" Frédéric Beigbeder, Voici [Vous noterez la diversification des sources...!]), le sixième roman de l'auteur-américain-à-la-mode promettait beaucoup. Après avoir tourné la dernière page, le Haricot vous assure que ce ne sont pas des paroles en l'air.

La ligne marketing choisie par la maison d'édition a été de présenter Lunar Park (titre à ce jour toujours incompris pour le Haricot...) comme l'oeuvre autobiographique de l'auteur sulfureux de American Psycho. Bret Easton Ellis en a par conséquent pas mal joué lors de sa promo, attisant les curiosités. Mais à la lecture, essayer de démêler le faux du vrai demanderait beaucoup trop d'énergie et l'intrigue en prendrait certainement un coup. Dans ce sixième roman, l'auteur se met donc en scène, de ses débuts de jeune écrivain ayant connu le succès et la gloire très rapidement, à la descente au rang de bourgeois américain, habitant un pavillon de banlieue chic, marié à une célébrité, père de 2 enfants. Après une première partie qui traite de la vie facile (sexe, drogues, argent) de façon détachée et déconcertante, le roman prend subrepticement une tournure surnaturelle surprenante. Ce sont d'abord des détails, des coïncidences, qui semblent sans importance, facilement imputables à l'alcool et à la cocaïne consommés en surdose. Et brusquement tout va beaucoup plus vite et c'est à ce moment que Lunar Park vous prend à a gorge et ne vous lâche plus.

Entre alternance de descriptions de scènes de la vie quotidienne familiale et narration de faits étranges et haletants, le roman souffle le chaud et le froid en permanence. En trame de fond, il soulève les questions de la paternité, d'un ailleurs meilleur et heureux, de l'horreur de la société dans ce qu'elle peut engendrer de pire. On y retrouve les angoisses d'un homme forcé à devenir père alors que le sien n'en était pas un, perdu entre ses désirs et ses obligations, en quête d'une rédemption, et souvent impuissant.

Lunar Park est ainsi à la fois un thriller, un roman psychologique et une quasi autobiographie, qui fait monter la tension sur près de 300 pages pour mieux vous perdre entre réel et fiction.

Le Haricot 

17:45 Publié dans Le Haricot bouquine | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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Commentaires

N'ai pas lu Lunar Park mais j'en meure d 'envie. J'adore Bret Easton Ellis, j'ai lu tous les autres...si j'ai le temps, je ferai un tit trackback sur ma note a propos des lois de l'attraction.
En ce moment je devore le dernier Houellebecq, qui nous fait...du Houellebecq. Rien de nouveau, mais toujours aussi "agréable" à lire...
Alors le Haricot se met aux critiques littéraires? good good good...


//Le Haricot : sache, Pangloss, qu'avec les bonnes questions [;)] tu saurais que mon "rêve" pro serait de faire du marketing pr une maison d'édition...//

Ecrit par : pangloss | 28 mars 2006

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